Le chamanisme étant une pratique ancestrale de communication avec l’invisible, il se base sur une  considération différente du monde par rapport aux normes généralement admises. Pour cela une modification de l’état de conscience habituel sera indispensable. Parfois l’utilisation de préparations avec des plantes de pouvoir permet cet état de conscience modifiée. Que ce soit le Peyolt, la Datura, le Cannabis, toute plante ou champignons (psylocibes, amanites ) avec un effet psychotrope peut être traditionnellement utilisée selon des prescriptions ritualisées, à des moments donnés (phase lunaire), dans des lieux consacrés. De cet usage il reste une large utilisation de ces plantes comme le Cannabis dans les médecines traditionnelles orientales.

Habit de Cérémonie d’un Chaman Huitchol les cerfs sont plein de Peyolt

La médecine tibétaine l’utilise sous le vocable Myan rtsi spras pour les dysfonctionnement de la bile (pitta), une des 3 humeurs à  réguler, ce qui stimule les fonctions hépatiques, le feu de la digestion et permet ce qui n’est pas négligeable de dissoudre le phlegme (Tan ou Aka) en traitant des maladies nerveuses, digestives, et en stimulant les fonctions sexuelles, d’où son nom tantrique de « nourriture de Kundalini ». Le Bouddha dans sa phase ascétique se nourrissait d’une graine par jour de chanvre indien et ceci durant 6 années avant son illumination. Pour le Chamanisme Bôn, ce remède rentre dans la composition de potions de magie noire afin d’obtenir l’immortalité. La médecine Ayurvédique a répandue son utilisation jusqu’en Thaïlande, au Laos, pour traiter les migraines, les indigestions, les névralgies et certains rhumatismes. Les feuilles sont utilisées comme du thé avec du Santal pour stimuler le coeur , le foie et les poumons.

Au Vietnam ce sont principalement les graines grillées qui sont préparées pour les amnésies, les douleurs d’accouchement, les aménorrhées et les empoisonnement du sang. La médecine chinoise avait une prescription nommée Da Feng Zi qui mélangeait du Cannabis indica en fleur avec des graines d’Hydnocarpus comme antihelmétique. Les Scythes l’utilisaient depuis très longtemps comme ingrédient d’un encens rituel dans le culte des divinités.

Les Chamans de Mongolie s’en servent dans la préparation du bagaschun, un mélange de guano et de junipérus qui favoriserait les transes dans les monts altaï.

L’Afrique n’est pas en reste dans sa connaissance du Cannabis (hemp en anglais, bhanga en Inde), que l’on nomme dagga ou dacha ou injaga. L’utilisation de la tige est fréquente pour fabriquer des cordes, des textiles. Les sommités sont souvent considérées comme aphrodisiaques dans tout le sud saharien. Par contre son utilisation avec du tabac est très rare car ces 2 plantes étaient traditionnellement sacrées et leurs esprits (Devas) ne devaient pas se mélanger lorsqu’on les consommaient en offrande aux divinités ou pour communiquer avec les ancêtres; seule l’Hélichryse (une immortelle) adoucissait la prise. En Rhodésie, les habitants la prennent pour les empoisonnements du sang, les anthrax, en Tanzanie pour les rhumatismes mélangée à une écorce d’arbre, les Zulus  chassent les rhumatismes froids avec cette plante. De l’Afrique du sud à l’Afrique de l’ouest le cannabis rend de réel service dans le traitement de l’asthme en agissant particulièrement sur les spasmes bronchiques qui rendent la respiration sifflante et pénible.

Nous savons en Médecine traditionnelle chinoise que le Poumon (Métal), gère la sécheresse, ce qui en automne induit la chute des feuilles, trop d’humidité sur le poumon créee de nombreuses pathologies avec des sécrétions bronchiques favorisant des infections; le cannabinol réchauffe et relaxe, les médecins Allemands et Suisses ont expérimentés  l’efficacité du THC (tétrahydrocannabinol) sur la dilatation des bronches par un effet anti-spasmodique, pour 5 mg son résultat est supérieur à la codeine (Dr Maja Maurer et Prof Adolf Dittrich en 1990).

 

Cependant les dernières recherches révèlent que le cacao (Théobroma cacao) contient de l’Anandamide qui bloque les mêmes récepteurs que le THC dans le cerveau, mais n’oubliez pas que seul le chocolat noir est un anti radicaux libres et que ce n’est pas le produit qui est mauvais mais sa consommation excessive par un manque de volonté…que ce soit la cacahuète ou la Marie Jeanne.

Plantes et thérapie par la chaleur

La connaissance ancestrale des plantes médecine et de leurs effets thérapeutiques se combine depuis toujours avec l’utilisation de la chaleur.

Déjà au temps de la Grèce antique, Parménide disait : « Donne moi la puissance de provoquer de la fièvre et je guérirai toute maladie« .

On utilisait alors des plantes sudorifiques comme le sureau ou les fleurs de tilleul. On plaçait les rhumatisants dans le four à pain encore chaud ou les enfants chétifs dan les cendres chaudes pour chasser les esprits de la maladie. Les amérindiens utilisent encore les tentes ou huttes à sudation avec des plantes en décoction sur les pierres chaudes.

L’Armoise (indiens des rocky mountains), l’herbe à Marie, le Genévrier, le Cédar ou racines des ours, de l’Hamamélis (chez les Potawatomis), du Tsuga canadensis (chez les Ménominées), la fleur de sureau (chez les Iroquois), ou des décoction de racines de Sassafras. Les Aztèques utilisaient le temazcal, bain de vapeur construit pour honorer la mère des Dieux et des hommes Tonantzin, pour aider ainsi aux évacuations corporelles par sudation. Les indiens Karibik ont ainsi réussit, par l’hyperthermie, à soigner les maladies à Spirochètes comme la syphillis, la pinta, ou la borréliose (maladie de Lyme provoque par les tiques). Cette pratique se continue de nos jours chez de nombreux peuples : chez les russes et les scandinaves avec les bains de vapeur et les feuilles de bouleau en  flagellation, chez les Japonais avec les sources chaudes et les bains de vapeur, chez nous avec la mode des Spa.

L’effet bénéfique de la chaleur associée aux plantes produit une fièvre artificielle qui imite la fièvre naturelle celle-ci stimule les défenses de l’organisme contre les infections. De plus cette hyperthermie favorise l’ouverture des pores de la peau pour une sudation qui permet d’évacuer des toxines métaboliques (principes naturopathiques). La chaleur stimule la circulation sanguine pour une meilleure irrigation et oxygénation des tissus comme j’ai pu le vérifier lors des cures de jeûne dans les années 1970 avec la méthode des bains du Dr Salmanoff et l’utilisation de ses préparations scapidar à base d’huiles essentielles pour provoquer une vas-constriction des capillaires. Les enveloppements de boues chaudes sont réputés en Europe centrale et dans les cures thermales pour les rhumatisants.

 

singes en bain d'eau chaude

 

 

 

 

 

 

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