Article pour Rêve de Femmes n° 14 2009

tantranet 

Rêve de Femmes.

 

Sexualité Yin (passive) baignée de Yin (musique) dans un territoire Yin (matière) délimité.

Une vie de Pacha ?

 

 

La sexualité ou l’énergie sexuée ?

 

Il serait fort imprudent de dire ce qu’est la sexualité de façon trop formelle, puisqu’elle peut se traduire sous différentes formes d’une civilisation à l’autre, d’une époque à l’autre. Le temps des courtisanes, des Geishas, des harems est dépassé, et la polygamie est possible dans le temps mais interdite dans nos contrées dans l’espace du présent. La mythologie nous enseigne que la  fille de Gaïa la terre, Echidna s’accoupla avec son fils Orthrus un chien, pour donner naissance au Sphinx.

La séxualité est parfois énigmatique !

La sexualité, avec son lot de passion renversante (ce qui facilite les rapports), d’affection romantique qui laisse comme une douce blessure dans le centre de la poitrine, est  partagée par le plus grand nombre et ne nécessite pas de s’y étendre pour ne pas réveiller d’amères désillusions dans le cœur des lecteurs, ce qui favoriserait le développement de nœuds émotionnels perturbateurs.

  

Pour aborder un autre aspect de la sexualité que nous nommerons énergie sexuée pour la différencier de la première, il serait utile de déprogrammer ce qui s’inscrit habituellement lors de la sexualité . Ce travail fait partie d’une récapitulation attentive et approfondie car l’acte sexuel engage la personne dans ses 3 corps, ce qui permet l’inscription de mémoires sur le plan physique (sensoriel), sur le plan affectif (les sentiments), sur le plan mental (l’échange d’idées).

Une relation humaine avec son banquier, son facteur, ou son boulanger, ne laisse pas les mêmes empreintes intimes sur les 3 corps qui influencerait le comportement sexuel avenir. Ce qui s’inscrit lors de la sexualité vient de la fusion des impressions ressenties dans ces 3 corps (physique, émotionnel, mental), dans un échange qui utilise une énergie à haut voltage qui peut produire des coups de foudre.

Les premières expériences sont souvent une transgression des règles familiales, ou des tabous sociaux, et une piquante saveur d’interdit pimente la découverte des sensations entre les deux corps qui se découvrent au propre comme au figuré.

 

Malheureusement, ce qui s’inscrit au départ peut influencer le reste de la vie sexuelle, et une déception ou une passion adolescente laisse un souvenir qu’il faudra à tout pris éviter ou à tout pris retrouver, ce qui ne favorise pas la conscience à ce qui est dans les rencontres suivantes.

 

Pour éviter ces écueils, le tantrisme met l’accent sur l’utilisation consciente et la transformation de l’énergie sexuelle, sans la limiter à une finalité exclusivement affective  et donc égocentrique : le sexe pour se faire du bien, pour le plaisir.

Les sensations physiques excitantes induisent un plaisir qui par son amplification servira non seulement le corps mais sera dirigé vers le cœur et la voie de la transformation. Le voleur insatiable se trouvant sur le chemin, au niveau du plexus solaire, et prélevant continuellement son dû, pour se sentir aimer, pour être réconforté, pour une éphémère sensation de sécurité. L’acte devra être renouvelé encore et encore car l’insécurité vis-à-vis de soi et de l’autre est insatiable. Il n’apportera que jouissance au mieux, sans onde orgasmique qui emporte jusqu’au 7e chakras, notre 7e ciel, où espace et temps disparaissent dans une connection divine, véritable royaume dispensant des lieux de cultes extérieurs habituels.


Sur cette voie d’ascension sensuelle du serpent sacré, les obstacles sont la peur de dire ce que l’on veut ou ce que l’on ne veut plus, les autorisations de ressentis que la pudeur n’ose s’octroyer, les blocages et tensions génitales honteuses ou culpabilisantes présentes dans les 2 partenaires.

Pour corser le tout, le mode de fonctionnement est inversé, pour lui c’est la perte de substance qui le comble, pour elle c’est le gain d’énergie qui la comble. Un partage qui semble énergétiquement inéquitable et qui peut conduire à une routine ou seule la perversité des phantasmes émoustillera la libido et rassasiera les démons intérieurs.

 

Voilà pourquoi une grande partie des populations se cantonne à une sexualité de reproduction, pour l’élevage de la progéniture, sous le contrôle dogmatique et répressif des religions constituées, qui sont un gage de sécurité pour le maintien des comportements trop difficiles à modifier.  Car ce n’est pas seulement un des 2 qui doit se remettre en cause mais les 2, dans leur part la plus intime et secrète, dans l’image qu’ils ont d’eux et qu’ils attendent de l’autre.

 

Sous l’angle spécifiquement énergétique, l’énergie sexuée se met au service de la rencontre de 2 feux : le feu du foyer inférieur dans le bassin qui emmagasine des sensations gorgées de plaisir et lorsque sa radiation devient suffisante, monte et s’unit au feu du cœur dans le foyer supérieur.  Le potentiel de vie nourrit alors la connaissance et la conscience de vie. Pour réaliser cette fusion, chacun doit commencer par savoir s’occuper de son propre plaisir en utilisant le plaisir de l’autre sinon le quantum énergétique ne suffira pas, et un des 2 sera perdant. L’acte laissera l’un avec des remords et l’autre avec des regrets, ce qui  laisse présager des suites post coïtales.

 

La communion des feux procure un autre avantage énergétique  dans le sang qui reçoit par cette onde orgasmique une substance vitale assimilée par les uns à l’Amrita, par les autres à l’Orgon, par d’autres à Jing Ming. Ceci produit une immédiate et durable dilatation du corps énergétique ou Aura, procurant paix, ouverture et sensation de vie accomplie, sans les hauts et les bas émotionnels difficiles à gérer par la personne et par le couple.

Pour ceux qui font une croix sur la sexualité, ils pourront méditer sur cette maxime de Nagarjoûna :

« Qu’il est bon de se gratter lorsque cela nous démange, mais quel bonheur lorsque cela ne nous démange plus. Qu’il est bon de satisfaire nos désirs, mais quel bonheur d’être libre des désirs ».